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Sabtu, 11 Januari 2014

ent du roman-feuilleton sans s’en inquiéter outre mesure. Il répond, pensent-ils, à un nouveau lectorat qui a sans doute des attentes différentes, et il n’y a rien à en conclure sur un supposé abrutissement des citoyens

Les critiques ne s’adressent pas seulement au contenu des romans, mais également à leur forme  :
« L’art peut souffrir des conditions dans lesquelles il se manifeste, si la publication du livre par tronçons doit avoir une influence mauvaise sur les procédés de composition et de style1. »
Obligés de soutenir l’intérêt du lecteur, les auteurs de roman feuilleton développent des « procédés de suspension savante1 » que certains critiques jugent racoleurs  :
« [..] on aimait surtout dominer l’imagination par des menaces de terreur. L’idéal était de montrer, à la fin du numéro, un bras sortant de la muraille et tenant une tête ensanglantée ; puis l’on posait en deux alinéas cette double question : « Quel était ce bras ? » - « Quelle était cette tête ? » Et l’on remettait au prochain numéro une réponse, que l’auteur souvent n’avait pas encore trouvée1. »
Accusé d'être à cours d’idées, le feuilletoniste va chercher l’inspiration dans les archives médicales ou judiciaires « qu'il rajeunit à force d’invraisemblances1. » Puisqu’il est payé à la quantité, et non à la qualité du texte, il noircit les pages à coup de descriptions oiseuses comme Ponson du Terrail dans Les Gandins ou d’effusions de style comme Charles Hugo, accusé d’« épuiser le dictionnaire » avec Une famille tragique1.
D’autres auteurs comme Cuvilliers-Fleury dans Le Journal des débats et Arthur de Gobineau dans Le Commerce constateront le développement du roman-feuilleton sans s’en inquiéter outre mesure. Il répond, pensent-ils, à un nouveau lectorat qui a sans doute des attentes différentes, et il n’y a rien à en conclure sur un supposé abrutissement des citoyens par le divertissement littéraire. Il faut plutôt se réjouir, selon eux, du succès de cette forme littéraire qui contribue grandement à l’alphabétisation des classes laborieuses.
Contrairement au roman épistolaire, le roman-feuilleton a très bien passé l’épreuve du temps. Il a donné naissance à un dérivé cinématographique, le « feuilleton-cinéma ». Dans les années 1910, le feuilleton littéraire Fantômas écrit par Pierre Souvestre et Marcel Allain rencontre un succès tel qu'il est adapté au cinéma par Louis Feuillade, faisant du feuilleton cinématographique l'ancêtre du feuilleton télévisé, qui est devenu l’acception la plus courante du mot « feuilleton ». Les séries actuelles peuvent donc se considérer comme les avatars les plus récents du genre.
Il est toujours pratiqué en littérature, et la question de qualité dépend grandement, comme aux débuts du genre sans doute, du talent de « feuilletoniste ». Internet a d’ailleurs ouvert de nouvelles voies en la matière, et Stephen King s’est fait feuilletoniste pour La Ligne verte, sorti sous forme de petits fascicules, et le temps d’une publication (interrompue d’ailleurs) en juillet 1999 : l’ouvrage The Plant, « roman à épisodes », était alors proposé en téléchargement sur son site, avec une contrepartie monétaire. La publication s’est interrompue en cours de route, sous le motif officiel de trop nombreux téléchargements illégaux. Dans une autre veine, Internet Actu a publié un cyber-polar humoristique, Où est passée ma Yescard, de Paul Carbone, disponible par envois d’e-mails ou sur le web, agrémenté de nombreux liens hypertextes, illustré et publié hebdomadairement. Martin Winckler, en diffusant de la même manière Les Cahiers Marcœur en 2004, s'inscrit dans la même démarche. La gratuité est un élément commun à de nombreux romans-feuilletons disponibles sur le web, remettant d’ailleurs en cause l’un des fondements de la critique du roman-feuilleton, qui revient à l’associer systématiquement à une démarche mercantile, et donc à un produit littéraire de faible qualité.
Il est fréquent de conclure qu’une œuvre littéraire est

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